Témoignage d’un patient :
En août 2004, suite à un accident de moto survenu en septembre 2003, j’ai été amputé de la jambe droite. J’ai porté une attelle pendant 21 ans et j’ai fait absolument tout ce que je pouvais avec. De la simple marche au ski, en passant par le wakeboard, le kickboxing, la course à pied, les parcours d’obstacles, et j’en passe, j’étais là pour tout. Mais souvent avec un peu de douleur, un point de pression ou une infection, et toujours avec un moignon moite. Que je sois tranquillement assis ou que je coure de nombreux kilomètres, mon moignon transpirait constamment. Je devais donc sécher et nettoyer ma prothèse et mon moignon plusieurs fois par jour. De plus, je n’aimais plus sortir lorsque la température extérieure dépassait les 20 degrés Celsius. Les vacances d’été étaient devenues un véritable calvaire. Par ailleurs, je souffrais de douleurs lombaires de plus en plus intenses.
Il y a une dizaine d’années, j’ai entendu parler pour la première fois d’ostéointégration, mais je la trouvais trop risquée. Puis, en 2021, j’ai rencontré un ami coureur (lui aussi amputé) qui avait subi l’intervention, ce qui m’a fait réfléchir.
En 2025, j’ai commencé à explorer les différentes possibilités. J’ai rapidement trouvé les cliniques AOFE par l’intermédiaire du Centre de réadaptation militaire (MRC) de Doorn. Après une conversation agréable et instructive, les démarches ont été entreprises. Suite à des examens radiologiques complémentaires, l’implant a été commandé et l’intervention a eu lieu quelques mois plus tard.
Le 15 septembre 2025, j’ai subi une intervention chirurgicale. Je suis rentré chez moi le lendemain et j’ai passé quatre semaines en convalescence, avec des soins quotidiens de la plaie. Ensuite, j’ai commencé ma rééducation au MRC, j’ai remis ma prothèse et j’ai immédiatement repris un appui complet. La rééducation consistait en deux séances par semaine, complétées par des exercices à domicile, d’abord avec des béquilles, puis avec une canne. Au bout de deux mois environ, je marchais de nouveau sans aucune aide.
L’ensemble du processus, de la première consultation à aujourd’hui, a été supervisé par Dicky de Best, gestionnaire de cas et patient expert. Dicky porte une prothèse ostéo-intégrée depuis plus de 10 ans ; son expérience est précieuse, il explique tout en détail et est toujours disponible pour répondre aux questions. Une expérience très rassurante.
Au moment où j’écris ces lignes, cela fait moins de quatre mois que j’ai été opérée et je refais tout, avec plus d’aisance qu’avant. Les sensations sont beaucoup plus directes, stables et naturelles. Faire du vélo, marcher, m’asseoir, me lever : tout est plus confortable et s’améliore de jour en jour. J’ai temporairement abandonné les sports à fort impact, ainsi que la course à pied, qui était ma passion. Malgré cela, c’est un choix délibéré. Pouvoir bouger plus confortablement est plus important pour moi, et je peux encore pratiquer de nombreux sports. Des recherches sont actuellement menées pour déterminer si la course à pied est possible avec l’ostéointégration ; qui sait ce que l’avenir nous réserve ? Pour l’instant, je me concentre sur ma convalescence et je profite des progrès que je constate déjà.
Par ailleurs, les soins de stomie, avec rinçage deux fois par jour, sont à vie. Ils demandent un peu plus d’entretien qu’avant, mais la prothèse, le manchon et le moignon nécessitaient aussi des soins. Cela fait partie du processus d’ostéointégration et c’est devenu une habitude quotidienne. Le soir, je peux déclipser ma prothèse en deux secondes et dormir. Et l’été n’a même pas encore commencé… J’ai hâte de voir à quel point ce sera plus confortable sans emboîture ni manchon !